Articles avec #learning from uzeste

L'art de l'expérience

11 Novembre 2013, 12:29pm

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Le travail et le jeu sont deux activités également libres et qui trouvent en elles leurs propre motivation, en dehors des fausses considérations économiques qui tendent à faire du jeu une vaine excitation pour nantis, et du travail un labeur sans joie pour les pauvres.

Sur le plan psychologique, le travail n'est jamais qu'une activité qui inclut sciemment la considération des conséquences comme aspect de lui-même ; il devient labeur contraint quand les conséquences sont extérieures à l'activité, pour devenir une fin au regard de laquelle l'activité n'est qu'un moyen. 
Le travail est art quand il demeure imprégné de l'attitude ludique.

John Dewey, Démocratie et education, 1966.

 

 

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Vers une architecture du non-agir ?

6 Octobre 2013, 09:56am

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"La voie habituelle pour développer une méthode est de se demander "Et si on essayait ceci?" ou "Et si on essayait cela" introduisant une variété de techniques les unes après les autres. C'est l'agriculture moderne et son seul résultat est de rendre l'agriculteur plus occupé.

Ma voie fut l'opposée. J'aspirais à une manière de cultiver qui fasse plaisir, naturelle, qui aboutisse à rendre le travail plus aisé et non plus dur. "Et si on ne faisait pas ceci ? Et si on ne faisait pas cela ?" - telle était ma manière de penser.

 
[...] Les être humains font quelque chose de mal et laissent non réparés les dommages, puis quand les résultats défavorables s'accumulent, alors ils travaillent de toutes leurs forces à les réparer. Quand ces actions rectificatives paraissent réussies, ils en viennent à prendre ces mesures pour de splendides réalisations. Les gens refont cela et le refont encore, c'est comme si un fou allait casser les tuiles de son toit en y marchant lourdement. Puis quand il commence à pleuvoir et que le plafond commence à pourrir, il monte à la hâte réparer le dommage, se réjouissant à la fin d'avoir trouvé la solution miracle."

Masanobu Fukuoka, La révolution d'un seul brin de paille. Une introduction à l'agriculture sauvage. 

 

Toward a "do-nothing" architecture ?

" The usual way to develop a method is to ask " What if we try this? "Or" What if we try that ? " introducing a variety of techniques one after the other . This is modern agriculture and its only result is to make the farmer busier .

My way was at the opposite. I longed for a way to cultivate that makes fun, be natural , which lead to make the job easier, not harder. " What if we avoid to do this? What if we avoid to do that ? " - That was my way of thinking.


[...] Humans being are doing something wrong and then leave the damage unrepaired, and when unfavorable results come, so they work with all their strength to repair the problem. When the corrective actions appear to be successful, then they come to take these actions to splendid achievements. People redo it and redo it again , it's like a madman that would break the tiles of his roof. When it starts to rain and the ceiling begins to rot, he hastily repairs the damage, rejoicing at the end to have found the magic solution. "

 

Masanobu Fukuoka, One Straw Revolution. An introduction to natural farming.

 

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Vidéos de l'exposition Learning From à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine

25 Août 2013, 12:09pm

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"L'atelier Learning From enseigne la conception par l'action en architecture. Il aborde le projet d'architecture dans des contextes populaires internationaux. Il soutient la collaboration interculturelle et l'hétérogénéité dans la production de la ville contemporaine.

 

Ici, apprendre et faire sont deux versants d'une même attitude de concepteur où l'architecte, voyageur de l'esprit, est un praticien réflexif. Nos découvertes et nos expériences nous construisent. Dans la logique de l'enseignement d'émancipation, l'atelier Learning From affirme que ce qui est fait  se discute, se partage, se pense   : «    Ne disons rien que nous n’ayons fait    !    ». Le fait est la chose commune qui place toutes les intelligences à égalité. L'architecture, comme la ville, est faite par constellation, non par planification, et dans cette production sociale tout le monde est bienvenu. Les maîtres sont ignorants et les situations réelles de la société deviennent des institutions éduquantes. 

 

L'attention au "déjà-là" est présente au départ de chaque projet. Elle entraîne les étudiants vers la nécessité de s'informer du monde par l'observation, la relation et l'expérience. Il s’agit d'élargir sa propre perception de la réalité. 

 

Entre Kliptown à Soweto et Uzeste en Gironde, deux contextes dialoguent. Ils parlent de ruralité contemporaine, d'engagement, d'improvisation collective et d'action directe sur le milieu de vie. Ils parlent aussi de construire. D'abord un désir, dans tous les sens du terme  : accord des volontés et goût de l'autre."

 

Exposition des travaux 2012-2013 de l'Atelier learning From à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine,

17 septembre - 20 octobre 2013Hall About, CAPA, Paris

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Le projet d'un monde qui vient

6 Août 2013, 13:44pm

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"[...] Dans ces conditions, il est vain d'ériger des frontières, de construire des murs et des enclos, de diviser, classifier, hiérarchiser, de chercher à retrancher de l'humanité celles et ceux que l'on aura rabaissés, que l'on méprise, qui ne nous ressemblent pas, ou avec lesquels nous pensons que nous ne nous entendrons jamais.

Il n'y a qu'un seul monde, et nous en sommes tous les cohéritiers, même si les manières de l'habiter ne sont pas les mêmes - d'où justement la réelle pluralité des cultures et des façons de vivre. Le dire ne signifie en rien occulter la brutalité et le cynisme qui caractérisent encore la rencontre des peuples et des nations. C'est simplement rappeler une donnée immédiate, inexorable, dont l'origine se situe sans doute dans les temps modernes : l'irréversible processus d'emmêlement et d'entrelacement des cultures, des peuples et des nations.

Souvent, le désir de différence émerge précisément là où l'on vit le plus intensément une expérience d'exclusion. La proclamation de la différence est alors le langage renversé du désir de reconnaissance et d'inclusion.

Pour ceux qui ont subi la domination coloniale ou pour ceux dont la part d'humanité a été volée à un moment donné de l'histoire, le recouvrement de cette part d'humanité passe souvent par la proclamation de la différence. Mais, comme on le voit dans une partie de la critique africaine moderne, celle-ci n'est qu'un moment d'un projet plus large : le projet d'un monde qui vient, d'un monde en avant de nous, dont la destination est universelle ; un monde débarrassé du fardeau de la race, et du ressentiment et du désir de vengeance qu'appelle toute situation de racisme."

Extrait de "Nelson Mandela, Les chemins inattendus"
par Achille Mbembe, Université de Witwatersrand à Johannesburg (Le Monde Diplomatique Août 2013)

 

 

 

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Architecture Relation

19 Mai 2013, 16:32pm

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Puissance est Relation. C’est dire que toute puissance se trouve du côté de la vie, des plénitudes de la beauté.
C’est dire aussi que toute beauté est Relation. 
 Édouard Glissant, Patrick Chamoiseau, « L’intraitable beauté du monde, adresse à Barack Obama. »

Hommage à Édouard Glissant, ce laboratoire du « tout-monde », constructions improvisées en archipel pour se construire et construire de la relation. Hommage aux métiers du bois, à ceux qui travaillent et ont travaillé le monde rural, ces variations en bois mineur de la tempête. Situationnistes et rhizomiques, ces installations au plus près de la danse de la lumière entre les feuilles, de son scintillement sur l’eau, du chant des oiseaux et du souffle du vent entre les branches. Libertaires, ces structures ouvertes et inachevées supports d’infinis commencements. Cet atelier printanier, bâti à la croisée des continents, fut aussi le lieu où s’abattent les murs et les frontières, où s’inventent chaque jour des interactions entre nature et culture, connaissance et ignorance, pensée et action, zoulou et gascon.

Vincent Puyoo, architecte, enseignant de l'atelier Learning From, ENSA Toulouse 2013 ; LEARNING FROM UZESTE 2013 - UZESTIVAL DE PRINTEMPS

 

 

 

 

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Learning From Uzeste

11 Mai 2013, 19:37pm

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"Allez à pied, regardez les gens, regardez les maisons, tout ce qui est autour de vous. Essayez de comprendre la vie. Si vous avez des yeux, vous serez un bon architecte. Si vous êtes aveugle, tant pis pour vous, changez de métier. " Georges Candilis

 


Comment transformer avec simplicité notre environnement quotidien? L'améliorer, le prolonger sans le détruire? Comment impliquer utilement architectes, habitants et constructeurs dans ces transformations écologiques ?

Le projet ENERGY & PEOPLE organisé par l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Toulouse entre la France et l'Afrique du Sud propose à des étudiants en architecture français et sud africains de travailler sur ces questionnements en menant des expériences constructives en milieu réel.

La première expérience a été menée en Afrique du Sud, en novembre 2012 dans le quartier en difficulté de Kliptown à Soweto. Les étudiants, avec l'aide des habitants, y ont réhabilité un centre social qui accueille et assure l'éducation d'enfants et de jeunes sur place (Soweto Kilptown Youth).

Aujourd'hui, dans le cadre des Saisons Croisées France & Afrique du Sud, c'est la France qui peut accueillir la deuxième étape de cette expérience architecturale et artistique. Elle se déroule à Uzeste en Gironde où a lieu depuis trente ans le célèbre festival Uzeste Musical de Bernard Lubat. Autour du "Théâtre Amusicien l’Estaminet", lieu phare de la musique improvisée en France, différentes expérimentations architecturales sont organisées. Elles touchent aux thèmes de l'intervention éphémère et de l'improvisation en architecture.

Improviser réclame une attention vis à vis du milieu et de ses ressources, un sens des situations. Utiliser le contexte et saisir les occasions, sur ces principes, architecture et musique se rejoignent.

La première oeuvre installée au centre du village est un grand tas de grumes de la tempête, élément familier et monumental du paysage de la région. Sur ce mur de bois est inscrit le mot "libre" en bas relief en hommage au travail de l'exploitation forestière locale. L'ensemble des travaux en cours utilisent les ressources locales, les industriels de la filière bois sont partenaires du projet et apportent toute leur expertise. Gérard Vierge coordinateur du projet Above accompagne ce processus de recherche et de création. 

Une multiplicité d'autres projets éphémères sont ensuite improvisés : un salon potager en bois contreplaqué, une classe à ciel ouvert au bord de l'eau, une galerie de promenade, un plancher de danse dans les prés, des plantations au bord du ruisseau, une salle de bal à l'Estaminet, fleurs, écritures, cabanes... chaque expérience architecturale est l'occasion de solliciter les regards et les savoirs sud-africains sur les conditions concrète de notre vie quotidienne. Echanges, questionnements et actions collectives, malgré de grandes différences apparentes,  le contexte rural du village propose de nombreuses similitudes avec celui de Kliptown et les expériences s'informent mutuellement.

Dans le cadre du festival de Printemps d’Uzeste des artistes interviennent avec l’ensemble des participants au workshop pour des échanges et des concerts in situ. Cet ensemble réflexif et festif repose sur l'énergie des gens, le bel enthousiasme des chantiers qu'on commence.

 

 

 

« LEARNING FROM UZESTE », improvisations architecturales,

atelier France-Afrique du Sud,

Manifestation organisée dans le cadre des Saisons Afrique du Sud ‐ France 2012 & 2013

www.france‐southafrica.com

Présentation des travaux le Samedi 11 Mai à 17h à l'Estaminet.   

Avec Bernard Lubat, Daniel Estevez, Alex Opper, Gérard Vierge, Bob Nameng et Christophe Hutin.

Web :

http://learning-from.over-blog.fr/

http://www.cie-lubat.org

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Il faut un village pour éduquer un enfant

8 Avril 2013, 14:53pm

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"[...] Le premier espace social éducatif est la famille. [...] la famille n’est pas éducatrice parce que ses membres sont éducateurs. Elle est éducatrice simplement parce qu’elle est. Parce qu’elle est un système vivant ayant toutes les caractéristiques qui qualifient les systèmes vivants, composés d’autres systèmes vivants comme les enfants. 

Ce n’est que très récemment que biologistes, neurobiologistes, cognitivistes, ont démontré que tout système vivant se structure et se complexifie dans l’interaction avec son environnement, mais aussi par rapport à la structure des autres systèmes vivants dans lesquels il est inclus ou en interaction. 

Bien sûr que chaque famille a ses propres principes éducatifs et règles éducatives. Peu importe qu’ils soient jugés bons ou mauvais. L’enfant s’y construira, même en opposition, et cela échappe même aux principes dits éducatifs, souvent au grand dam de ses parents.

Au fur et à mesure que les langages de l’enfant se complexifient, ses espaces d’évolution, d’investigation s’étendent. Au voisinage par exemple. 

Evidemment que cet environnement physique et social est éducatif, qu’il le veuille ou non, qu’on le veuille ou non. Le canapé défoncé sur lequel on peut sauter, comme le chat de la maison, comme la voisine sympathique ou le voisin irascible. 

La construction de l’enfant s’effectue dans la complexité, et la complexité, c’est ce qu’il est impossible de cerner. Mais chacun dans cet environnement exerce un pouvoir qu’il ignore.

Normalement, dans l’agrandissement de ses cercles topologiques et sociaux que lui permet l’accroissement de son autonomie dans sa proximité, l’espace et l’entité suivante devrait être le village ou le quartier. 

C’est bien ce qui se passe dans les microsociétés étudiées par les anthropologues. Pas besoin d’écoles, de crèches, de centres de loisirs ! On y devient adulte tel je l’ai défini de par la vie même de ces microsociétés et ceci sans ruptures.

Or nos villages et nos quartiers ne constituent pratiquement plus des entités sociales, ayant la caractéristique des systèmes vivants qui est celle d’éléments en interaction et en interrelation dans un espace ayant ses frontières et ayant la capacité de s’auto-organiser de façon autonome. 

Que trouveraient nos enfants s’ils n’avaient que le village pour poursuivre leur évolution ? Même plus le garde-champêtre comme dans la guerre des boutons. Notre organisation sociétale a morcelé, institué, séparé, insécurisé l’espace social qui finit par ne plus en être un. [...]

On se veut de plus en plus éducatifs, et le territoire et l’environnement deviennent de moins en moins éducatifs. On oublie que ce qui aboutit à la construction d’un enfant en adulte, donc en citoyen, ce sont toutes les interactions affectives, cognitives et sociales qui peuvent avoir lieu là où vit l’enfant. Un territoire qui ne constitue plus une véritable entité sociale, un système social vivant, est anti-éducatif."

Extrait de conférence de Bernard COLLOT, Centres de Recherches des Petites Structures et de la Communication, 2012.

 

 

 

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Network of learning

31 Octobre 2010, 21:25pm

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In a society which emphasizes teaching, children and students -and adults- become passive and unable to think or act for themselves. Creative, active individuals can only grow up in a society which emphasizes learning instead of teaching.

Christopher Alexander, a pattern language

 

 

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