Articles avec #learning from la roseraie

Ateliers 2020 Learning From La Roseraie

10 Février 2021, 12:12pm

Publié par learning-from.over-blog.fr

  

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https://issuu.com/daniel-estevez/docs/livret_lf_la_roseraie_2020

https://issuu.com/daniel-estevez/docs/livret_lf_la_roseraie_2020

 

livret 2020 Learning From La Roseraie

 

Ce document présente des extraits de travaux et recherches réalisés entre octobre 2020 et janvier 2021 par l'atelier Learning From dans un immeuble du quartier La Roseraie à Toulouse (France). Le bâtiment est destiné à l'hébergement d'urgence des personnes en grande précarité. Son occupation temporaire est organisée par plusieurs associations dont principalement l'UCRM (https://ucrm.fr/) qui nous a permis de travailler sur place durant les difficiles périodes de confinement.

Nous avons ainsi pu éviter l'usage de la visioconférence et de tous les dispositifs numériques de travail qui sont totalement inopérants dans le cadre d'un enseignement de l'architecture fondé sur l'action. Le soutien de l'agence Hors Piste Architecture, chargée de la gestion du bâtiment, a été capital dans ce contexte difficile. Son nom est plus qu'un identifiant, c'est une attitude de travail et un programme à venir : travailler hors des pistes...

 

 

 

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Une architecture vivante - traduction du livre A Pattern Language

22 Décembre 2020, 12:39pm

Publié par learning-from.over-blog.fr

Une architecture vivante - traduction du livre A Pattern Language
Une architecture vivante - traduction du livre A Pattern Language

A pattern language est un livre collectif dirigé par l’architecte Christopher Alexander et publié en 1977. Ouvrage phare dans les milieux académiques et professionnels anglophones de la fin du XXème siècle, il n’a jamais été traduit en français. Le texte est marqué par les théories du langage (linguistique). L’architecture et la ville y sont considérées comme des assemblages signifiants de motifs, à la manière d’un texte composé de mots formant des phrases.

Dans ce livre la conception architecturale n’est donc pas appréhendée comme un exercice de résolution de problème mais comme une tâche d’expression. L’architecte agit comme un écrivain, et ce livre propose un dictionnaire des situations qui font la ville. Il est destiné à tous les publics.

Les motifs décrits dans le livre sont des sortes de fragments d’architecture vécue, ce sont des unités indépendantes sans lien déterminé entre elles et sont décrites sous la forme d’une liste non hiérarchisée, elle-même inachevée car le lecteur est invité à poursuivre cet inventaire. Aucun modèle ne préside à l’utilisation de ces 243 motifs indépendants qui constituent le livre.

Le mot pattern dans le livre articule deux principes : la récurrence (un motif provient de l’observation de la vie sociale et des invariants qui s’y retrouvent), l’exemplarité (un motif provient d’un jugement sur l’intérêt de la situation vécue). Ce terme oscille également entre deux pôles : une visée fonctionnelle (des motifs-recettes), une visée thématique (des motifs-principes généraux). Enfin, les patterns sont considérés comme les mots d’un langage et à ce titre ils sont complets (signifiants et « totipotents » ), c’est à dire qu’ils désignent des situations qui contiennent tous les aspects de l’architecture à l’échelle du pattern lui-même (usage, espace, réalisation matérielle, réalité perceptive). Ce sont des petits mondes (Nelson Goodman « manières de faire des mondes ») Paradoxalement, du fait de son organisation éditoriale, le livre obéit à un découpage scalaire de l’architecture et de la ville, partant du phénomène de grande taille (le pays, la région etc.) pour aboutir graduellement au détail (objets de décoration sur une table). Ce qui conduit à penser que la « totipotence » des patterns n’est pas entièrement assumée par les auteurs. Comme dans tout dictionnaire, chaque mot doit être considéré indépendamment des autres afin de laisser libre cours à tout assemblage.

Aujourd’hui, par ce wiki ouvert, l’atelier Learning From propose un chantier de traduction critique en français du livre de Alexander. Le qualificatif « critique » est ajouté pour trois raisons :
1. Nous voudrions une traduction qui assume complètement le caractère indifférencié, horizontal, multiple et fragmentaire que nous percevons dans le livre original. Cette idée nous conduit à ne pas retenir les principes de grammaire générative qui sont présents dans l’ouvrage initial. Nous ne suggérons donc aucune règle d’assemblage, aucune grammaire, ni aucune bonne manière de réunir les situations élémentaires.
2. La dimension critique de la traduction doit apparaître dans chaque contre-description qui est associée à chaque traduction. Cette description critique peut réunir des discussions sous forme de textes et citations, des photographies pour une illustration contemporaine du motif, des documents vidéographiques et même des dessins de projet de l’atelier.
3. La participation de tout lecteur à l’amélioration des traductions et aux recherches d’exemples de motifs, nous semble être une façon intéressante de poursuivre le chantier ouvert par Alexander. Il s’agit de mettre en place un processus continu de partage de connaissances et de réflexion publique sur l’architecture mais une réflexion précise, située et contextuelle.

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À la rencontre de La Roseraie

17 Décembre 2020, 19:21pm

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Rencontre de l'atelier avec les résidents et les travailleurs sociaux autour d'un café
Rencontre de l'atelier avec les résidents et les travailleurs sociaux autour d'un caféRencontre de l'atelier avec les résidents et les travailleurs sociaux autour d'un café
Rencontre de l'atelier avec les résidents et les travailleurs sociaux autour d'un caféRencontre de l'atelier avec les résidents et les travailleurs sociaux autour d'un caféRencontre de l'atelier avec les résidents et les travailleurs sociaux autour d'un café

Rencontre de l'atelier avec les résidents et les travailleurs sociaux autour d'un café

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L'hébergement d'urgence à La Roseraie

16 Décembre 2020, 15:22pm

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photographies Atelier LF et Jaufret Barrot

photographies Atelier LF et Jaufret Barrot

Les étudiants en architecture de l’atelier de master Learning From (ENSA Toulouse) travaillent sur les situations d’habitat critique. Depuis 2010, cet atelier réalise des études sur des situations très diverses aussi bien en France qu’à l’international. En 2020 l’atelier a décidé d’amorcer un travail sur l’immeuble situé au 161 Rue Louis Plana à La Roseraie. Cette ancienne résidence étudiante de l’ENSICA regroupe 115 chambres sur 5 étages, plusieurs pièces communes en rez de chaussée et une salle de restauration-foyer assez vaste. L’agence Hors-Piste Architectures, en lien avec différentes associations et acteurs du secteur de l’hébergement d’urgence, a mis en place une occupation temporaire de ce bâtiment qui abrite environ 220 personnes dont de nombreuses familles. Les étudiants architectes de l’atelier Learning From étudient les situations d’occupation de l’espace, d’organisation matérielle de l’habitat et de la vie quotidienne sur ce terrain. Il s’agit de comprendre le fonctionnement de cet habitat temporaire, d’envisager les améliorations possibles et de soutenir le travail social qui est fait sur place.

Le travail des étudiants s’oriente dans deux directions:

1. Comprendre et améliorer la vie quotidienne dans la résidence d’hébergement

Dans ce but, les étudiants doivent mener des observations sur place au niveau des personnes et des familles (faire des entretiens, avoir des échanges, produire relevés et dessin des lieux habités). Ils font aussi des analyses du collectif (textes d’observation sur site, photographies, vidéos, relevés et dessin des lieux collectifs). A partir de ce matériel, le groupe d’étudiant va dessiner un ensemble de projets prospectifs sur le bâtiment. Ces projets répondront aux différents thèmes d’amélioration que nos observations permettent de dégager. Les recherches en cours sur les thèmes d’amélioration de la vie quotidienne peuvent être consultées sur le wiki de l’atelier à cette adresse :  https://ferme.yeswiki.net/ pattern/?PagePrincipale

2. Organiser un événement collectif dans la salle du foyer de la résidence 

Le groupe d’étudiant architecte projette de créer un événement convivial dans la salle de l’ancien foyer actuellement laissée à l’abandon à l’arrière de l’immeuble. Cet événement (peut-être un workshop ou des ateliers collectifs de formation ou un festival...) aurait pour but de renforcer les liens et l’entraide entre les personnes dans la communauté de la résidence. Ce projet veut s’inscrire en cohérence avec le travail social qui est mené par l’équipe actuelle sur place.  Le programme de cet événement est en cours d’élaboration. Il pourrait réunir durant plusieurs jours des ateliers de fabrication de mobilier par le réemploi, des ateliers de décoration de l’espace, des projections vidéo, etc. Il pourrait être l’occasion d’échanger autour des projets proposés par les étudiants.

Nous pourrons nous rencontrer jeudi 17 décembre 2020 à 16h devant le hall de la résidence où un goûter-café sera proposé par les étudiants architectes de notre atelier Learning From.

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On part de A pour aller à B, on arrive jamais jusqu'à B

11 Octobre 2020, 19:09pm

Publié par learning-from.over-blog.fr

"Je prends l’exemple d’une route. Herbert Simon divise le chemin en petits éléments, de A à B, jusqu’à Z, tout en faisant une enquête sur le paysage, le contexte. Il stocke ces informations et ne revient pas dessus. Or, c’est quand ces informations sont réunies qu’elles commencent à entrer en relation, à vivre. Les rationalistes avancent pour ainsi dire sans rétroviseur, et c’est comme ça qu’ils ont tout foutu en l’air, en ne tenant pas compte des opinions et des besoins. Au bout du compte, ils ont détruit la planète. Le contexte est là où tout commence, et il convient de respecter une chose irrationnelle. Aujourd’hui, la construction est une liturgie, un rite que personne ne questionne. L’incrémentalisme est une façon différente d’aborder la construction : il faut forcément un planning, là n’est pas la question. Mais il faut aussi de la flexibilité, et il faut aimer le flou qui rend possible cette flexibilité. On part de A pour aller à B, on n’arrive jamais jusqu’à B car, quand le contexte est informé, il écoute et il change. On arrive donc à un B bis, et ainsi, étape par étape, on obtient un résultat, peut-être plus adéquat que le B initialement visé. "

Lucien Kroll, architecte incrémental, https://www.espazium.ch/fr/actualites/lucien-kroll-architecte-incremental

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Contre la dilution standardisée

15 Septembre 2020, 11:02am

Publié par learning-from.over-blog.fr

"La mondialisation, conçue comme non-lieu, en effet mènerait à une dilution standardisée. Mais pour chacun de nous, la trace qui va de son lieu au monde et retour et aller encore et retour encore indique la seule permanence. 

Le monde en sa totalité accomplie ne peut pas être considérée comme raison suffisante, généralité enfantant sa propre généralisation.

La trame du monde s'avive de toutes les particularités, quantifiées ; de tous les lieux, reconnus. La totalité n'est pas ce qu'on dit être l'universel, elle est la quantité finie et réalisée de l'infini détail du réel. Et qui, d'être au détail, n'est pas totalitaire."

Edouard Glissant, Traité du Tout-Monde, Poétique IV

Casque de Jupiter (aconit napel)

Casque de Jupiter (aconit napel)

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I don’t want to produce buildings

6 Décembre 2019, 10:29am

Publié par learning-from.over-blog.fr

I don’t want to produce buildings

Carin Smuts: “I don’t want to produce buildings”

6 August 2019 - 10h08

 

Convinced that she can improve the social situation in her country through architecture, Carin Smuts founded CS Studio in 1989 in Cape Town, South Africa. Enjoying internationally acclaim thanks to her awards, she works mainly for the general public, and privileges the human dimension in her projects. In a country that is still suffering from great social inequality, the architect explains to us at her South African office how she wants to “impact” the lives of the least well-off.

Her rainbow office is visible from a long distance, and stands out from the luxury homes that overlook the costa along Ocean View Drive on the hills of Seapoint. Behind these colourful facades, Carin Smuts has installed her industrial-style open space where six people work together. Direct and bubbling with energy, this fifty-year-old has made herself noticed in France, where she has won a number of awards and an honorary title – she has been a Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres since 2015 – and is frequently invited to give lectures and attend conferences. “I teach at Confluences, Odile Decq’s new school in Lyon, and also occasionally in Toulouse, Nantes and Montpellier. I also work with Christophe Hutin in Bordeaux. He’s incredible”, she tells us. Despite winning an initial award at the Global Awards for Sustainable Architecture in 2008, her project at Follainville-Dennemont has not seen the light of day, and although Carin Smuts does not suffer from a lack of media attention abroad, she does not have the same aura in her native country. “I have never won a single award in South Africa”, she reveals, with a look full of undertones.

 

People at the heart of the project

Born in Pretoria in 1960 during the time of Apartheid, Carin Smuts turned to studying architecture based on a decision by her father. “He applied for me because I had registered to study dramatic arts”, she says with a laugh. An encounter in 1982 changed her plans for ever. “I was a university student when a group of domestic workers came looking for an architect. I was intrigued, and started to help them. They wanted to build a training workshop for young people in Cradock”, she remembers. It was impossible for Africans to own land during Apartheid. This first experience of contact with people shaped her approach. “Architectural students learn to design, think and work in a western way. For my part, I decided to listen to people. This is fundamental in our work. I’m more interested in the process and how people are involved. In our architecture, we have learned that the more questions you ask and the more you listen the better your final product is”, the architect says. To illustrate her words, she cites the submarine simulator project in Simon’s Town, which was completed in 2010, to which a number of changes were made after people had taken possession of the premises. “If they had been involved from the start, and not just a naval architect, we would have been more successful”, Carin Smuts assures us.

 

The example of Guga S’thebe

The greatest source of pride for the architect remains Guga S’thebe, a building constructed in the Langa district of Cape Town in 1999. “It’s an artistic and cultural village. We created a large number of workshops where different generations mingle. The location brings the vernacular and contemporary together. Thousands of people visit it every day, and it attracts a lot of publicity, which means that its users make an enormous amount of money from an 860sqm building!”, She explains with a smile on her lips. “I recently took a group of French people there”, she continues, “and when they left a ceramic artist’s workshop, the artist said to me « Thanks to you, I earned 30,000 Rand (Editor’s note: 2,000 euros) this afternoon selling my cups and plates ». You see how you have an impact on someone’s life”. It is for these moments that she works in this profession. When the country’s politics became involved, Carin Smuts stood up for what she believed in. “In 2004, I was forced to start a company in order to comply with the BEE (Black Economic Empowerment) criteria. The company was called Equity. It’s closed now, and it nearly killed me. The idea was to have access to public contracts, which are the heart of my business. To obtain offers to tender, you had to offer a lot of discounts. It was the biggest mistake I ever made”, she admits. With regard to criticisms about closing the company, Carin Smuts responds point blank: “I helped build this country. I don’t need to prove anything to anyone. If the fact that I’m white bothers anyone, it’s not my problem. I have worked and helped real people. In the townships, they know me better than they know the President. I don’t want to produce buildings; I want to empower people”.

 

Public before private work

In her work, she believes that longevity has three components: social, environmental and economic. Carin Smuts puts this principle into practice. She is currently working on securing land in the Six District of Cape Town so that she can build a cultural centre dedicated to apprenticeship on it and fight criminality. Although she does not do private work, she made an exception to the rule in 1997 for a “unique” idea. It was for the residence of the South African artist Willie Bester in Kuilsriver. “It’s not a house – it’s a sculpture. His studio is in the middle and all the rooms are around it”, she comments. In her everyday life, the architect begins her days relatively early, and loves mornings that favour creativity. “I try not to work on weekends unless I’m working on a competition and have a deadline, like for Helsinki (Editor’s note: a 2013 competition for a library). We build a lot of models. I also spend time in the townships meeting various important actors. My profession is very diversified and stimulating, and I don’t lead a boring life”, she acknowledges. If her architectural products sometimes leave Carin Smuts a little free time, she takes advantage of it to fill up her diary. In fact, she has just spent a month on La Réunion, where she lent her experience to a group of lucky students.

 

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