Quelques éclats de vie par effraction

23 Juillet 2019, 12:22pm

Publié par learning-from.over-blog.fr

Quelques éclats de vie par effraction

"[...] J'ai appris combien l'espace était précieux et à m'émerveiller de pouvoir faire dans ma maison des parties de cache-cache géant, une patinoire en hivers ou des soirées frite et cinéma en plein air et d'avoir un cagibi assez grand pour y abriter un vieux bateau, des carcasses de voitures, des tonnes d'inventions ratées et de quoi construire et meubler quelques maisons. Je m'émerveille un peu moins de ce que le rangement d'un espace où s'agglomèrent tant d'objets soit à ce point un défi quotidien.

Squatter m'a appris à voir la rue et les maisons comme des terrains de jeu et de construction, que l'on pouvait bâtir une mezzanine au-dessus de la route et y reconstituer minutieusement le Radeau de la Méduse en tableau vivant, péter le bitume pour planter des arbres et construire un square, suspendre une table de banquet avec des poulies à 5 mètres du sol, transpercer sa maison de bas en haut par un mât avec une vigie de bateau pirate à la cime, mettre 'le bon la brute et le truand' sur un ghettoblaster et passer l'après-midi à construire un four à pain en terre pour des pizza-parties et créer un village ouvert sur un quartier au milieu d'une technopole polluée, souder des chaussures à talon en acier, inventer un système de poêle à bois à double foyer avec un échafaudage et des bidons de fuel, fabriquer un moteur qui fonctionne à l'eau ou une machine à laver à pédales, tourner un film de zombies et attaquer les banques environnantes au ketchup ou se préparer à l'arrivée de la police en costume de Maya l'abeille avec un poste qui crache 'je voudrais mourir sur scène' de Dalida."

extrait Chroniques du pied de biche. Quelques éclats de vie par effraction

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