Visages de mondes

29 Janvier 2017, 22:55pm

Publié par learning-from.over-blog.fr

Mathias Carrolio, extrait de publication
Mathias Carrolio, extrait de publication
Mathias Carrolio, extrait de publication
Mathias Carrolio, extrait de publication

Mathias Carrolio, extrait de publication

La façade habitée - Décorer

«Toute personne cherche à décorer son cadre de vie.» - Christopher Alexander 
A travers la décoration, c’est toute l’idée d’appropriation de l’architecture qui émerge, de l’ajout d’éléments personnels, intimes, propres à chacun, loin de l’image aseptisée de la conception architecturale. Ce phénomène, pour se développer, doit rencontrer les bons supports, les éléments architecturaux qui lui offrent cette possibilité de surajout d’une strate personnelle, d’appropriation. 
Les balcons, éléments forts de l’architecture, prennent à la fois une dimension structurelle, esthétique, symbolique et usuelle. Mais ils sont aussi le support privilégié de l’appropriation, exposant l’intimité des habitants sur la rue, créant des décors, exposant l’intimité, des percées de l’intérieur sur l’extérieur, du privé sur le public. 
Ainsi, deux strates cohabitent souvent : la strate initiale, élément architectural support de l’appropriation, qui peut lui même être un élément d’ornement, et la strate communicationnelle surajoutée que constituent les éléments de l’appropriation. Ces deux entités doivent cohabiter, se lier, se superposer, s’influencer, dans un rapport intime entre architecture et appropriation, entre intérieur et extérieur, entre public et privé. 

La façade habitée - Les balcons de Grenade, révélateurs et intimistes 

Les balcons, et notamment les oriels et les bow-windows, sont des phénomènes prégnants dans le paysage architectural grenadin. Au-delà de l’aspect patrimonial de l’objet, ils sont porteurs d’usages très particuliers et variés, ils sont support d’une grande appropriation
Parfois, seulement considéré comme espace résiduel, par défaut, débarras, zone en marge de l’habitat, cet espace est délaissé et ouvert sur la rue, mis en vitrine. En voulant dissimuler ce qu’ils y entreposent, les habitants le cachent à leurs yeux mais le montrent à tous les autres: les balcons exposent l’intimité des habitants au regard des passants.

 

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